26 février 2010
Hommage à Ajar
Peut être qu’il faut la patience de la fatigue, mais moi quand j’aperçois la connerie, mes jambes s’enroulent autour du cou comme le veut le proverbe et alors je suis obligé de marcher sur les mains pour m’enfuir. C’est peut être pour ca que mes amis me disent que je marche sur la tête, parce qu’ils sont éloignés et ne voient pas bien la scène.
Et personne ne comprenait, alors je me tordais la pensée parce qu’on dit que chaque problème à sa solution. On trouvait que j’avais maigri, que c’était l’angoisse qui me tordait les boyaux. Je crois que c’est pendant cette période que je suis devenu pessimiste et que j’ai préféré les verres vides. Quand ma tête tournait le monde ressemblait aux manèges de mon enfance, c’était joyeux. Je m’imaginais sur un cheval en bois, mais je crois qu’il était vieux, parce qu’il ne marchait pas droit.
Une fois même, je me suis retrouvé dans la Seine. Je ne me rappelle plus bien pourquoi, peut être que j’avais faim et que j’avais voulu pêcher comme Huckleberry Finn quand il enroulait un fil autour de son doigt de pied. Peut être qu’en Amérique il y a des gens autour des rivières qui donnent des radeaux pour ceux qui sont tentés par l’aventure, parce que l’Amérique c’est le pays de la liberté, mais moi en France, j’en avais pas, et j’ai battu des bras pour effrayer la panique quand je me suis réveillé au milieu de toute cette eau, au mépris des poissons qui arrêtaient ma liberté où commençait leur sommeil. Finalement j’ai rejoint la rive avec le froid dans mes habits et suis rentré dormir.
L’Amérique, c’est mieux qu’ici, ils ont surement des chevaux jeunes dans leurs ranchs et des forêts de radeaux.
22 juin 2009
Rose poussière, Jean jacques schuhl
“Le combat fabrique une zone d’échange où les ennemis se fondent.”
” Il y a entre les ennemis d’étranges complicités”
A propos des filles branchées de son époque : “Ce dépenaillage et cet air sec un peu en même temps qu’elle porte avec une froide insolence et ce contraste de raffinement et de sauvagerie qui s’achève ( à la fois devient parfait et meurt ) dans les pâles mannequins en cire des boutiques de Chelsea ou de South Kesington qui regardent le vide (…) Et ces filles suavement perverses, d’une blancheur (de) clinique, cheminant dans les rues (…) l’œil sans regard, le geste doucement mécanique, somptueusement paré avec un petit défaut, une frêle imperfection – bas mauve qui file, tache de cambouis ou de boue, ongle cassé, une chaussure à la main, l’autre au pied et c’est un boitillement – par où s’éc(r)oule leur beauté; à dix mètres, on songe :” Faux juste ce qu’il faut, gauche : il y a quelque chose qui cloche, (mais quoi ?) “
J’aurais du citer des pans entiers de ce livre pour réellement lui rendre hommage. Foiré, il écrit bien, même si dans un style très particulier.