14 août 2009

Coupable amateur.

Publié dans Là où le décalage est la norme à 19 h 46 mi par oxymore1202

Je descends du thalys venant de Belgique, bataillant quelques minutes de nos vies que chacun doit trouver importantes à la sortie avec les autres passagers.

Anticipant sur mon retard, je me presse, sac sur le dos et cheveux hirsutes.

Sur le quai, trois personnes stagnent, contrairement à la foule. Je leur jette un œil distrait, pressant le pas à cause de mon retard. Ils sont en uniformes. En uniforme ? Que ferait la police ici ? Mon regard se porte vers eux une seconde fois. Il s’agit de la douane. L’un d’eux me regarde et me demande de m’arrêter pour fouiller mes affaires.

Le pas pressé. Ce regard qui les accroche à deux reprises. Par le filtre de ce qu’il appellerait son expérience, l’habitude, je lui semblait suspect.

Le pas pressé. Ce regard qui les accroche à deux reprises. Ces tics du coupable amateur qui semble se dénoncer lui même tant il ne sait pas gérer sa mauvaise conscience. Qui parfois même désire se dénoncer lui même pour ne plus supporter l’état de tension dans lequel il est, attendant inconsciemment, espérant tout en la craignant la réaction de l’autre.

Le pas pressé. Ce regard qui les accroche à deux reprises. Un sms amoureux de sa maitresse laissé dans son portable. Une réponse énervée à une question semblant anodine. Ces signes d’aveu d’une culpabilité insoutenable.

Il me demande si je n’ai rien d’illégal sur moi. Je lui réponds que je suis en retard, pressé et que non, je n’ai rien d’illégal. Je commence à ouvrir mon sac pour lui tendre. Il regarde. Fringues sales, boite de capote, dentifrice, livres. Il ouvre ce qui peut l’être, scrute minutieusement. Je trépigne d’impatience.Un instant, je me dis, moqueur, qu’il va même ouvrir chaque capote, sait on jamais. Il ne trouve rien. Je reprends mes affaires et lui souhaite une bonne journée. Il fait de même.

Comme tout à chacun, il envisageait le même en fonction de ce qui lui était familier. Emprisonné dans le cliché de ses habitudes.

Sur ma route, en descendant l’escalator, je double mes compagnons de voyage attendant sereinement d’être déposés en bas, leur empressement belliqueux évanoui, comme s’ils avaient appris la disparition prématurée de leur projet. Leur air maussade semble aller dans ce sens.

15 juillet 2009

Epitaphe nocturne.

Publié dans Là où le décalage est la norme à 23 h 09 mi par oxymore1202

” Elle est morte en silence.”

Ses voisins.

17 juin 2009

Et des humains bio ?

Publié dans Là où le décalage est la norme à 11 h 09 mi par oxymore1202

Journée au lit, on y mange. Un plateau composé d’un steack bio, d’une salade bio et de capotes. Face a cette recherche de sain et de naturel, j’en viens à me demander “A quand les capotes bio ?”

Zoo humain

Publié dans Là où le décalage est la norme à 8 h 30 mi par oxymore1202

“Quand vous m’avez parlé de l’animalerie, j’ai cru qu’elle était la”, dit il en montrant un bar. “dans un premier temps j’ai pensé que je m’étais trompé,puis après réflexion, pas tant que ça, en fait.”

13 juin 2009

Le bout du monde

Publié dans Là où le décalage est la norme à 23 h 30 mi par oxymore1202

M: On est même pas allés au luxembourg !

E : C’est à cinq minutes pourtant …

M : Ouais mais quand on est dans un lit, c’est le monde entier qui paraît loin …

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