27 mai 2010
Histoire de vase et d’eau
” – Mais c’est fou. Tu passes ton temps à te plaindre.
– Le jour où j’arrêterais de me plaindre, c’est que je serais mort. C’est dans ma nature.”
Pour ne pas avoir à regarder son malheur en face, reste l’invocation de la fatalité. C’est comme ça, haussons les épaules. A force d’ignorer ses frustrations, on peut finir par croire qu’elles n’existent pas.
C’est une défense utile : elle permet d’éviter l’abîme de la responsabilité dans son mal être. Manière de se défiler à peu de frais quand on a trop peur du prix de ses désirs.
Mais au final tout se paye et on se plaint en permanence. Faute de savoir pourquoi, c’est l’entourage qui devra le supporter. Sans toujours percevoir ce dont il s’agit.
Une vie qui passe à coté d’elle même. Aveugle.
Mais à trop faire porter le raté de sa vie aux autres, ils finissent par fuir, au détour d’une énième plainte. La goutte d’eau qui fait déborder la vase.
Il est des personnes dont il faut souhaiter le malheur. Par charité.
Plus la souffrance s’aiguise, plus on est porté à réfléchir. Pour la faire cesser. Alors, enfin, peut être qu’on sera amené à s’interroger sur la débâcle de sa vie. Et changer. Le malheur est parfois la meilleure chose qui puisse arriver à une personne.